Plaisirs d’essence
Quand du pouce et l’index je décroche sa clé
Et que, dans le garage, je viens la réveiller
Quand une fois sur deux roues, je la sors en arrière
Cela n’est pas routine mais bien préliminaires
Encore aucun témoin, posée sur la béquille
Je fais tourner la clé, aiguille et chiffres s’élancent
Enfin bielles et pistons repartent dans la danse
Au coup de démarreur, en elle revient la vie
Ensuite je la délaisse, la laissant respirer
Vibrer autant qu’elle veut et chauffer à son aise
J’enfile casque et puis gants, pas sûr que ça me plaise
Mais pas de relation, sans être protégé
Enfin vient le moment d’un contact plus physique
Cet instant du départ, à chaque fois unique
Châssis entre mes cuisses, dans mes mains ses poignées
Accordée à mon rythme dés qu’elle est balancée
Recherche d’intimité pour vivre une passion
On quitte le centre ville et la circulation
Sur cette route en sous-bois, à défaut de caresses
S’offrent à nous le bitume, le vent et la vitesse
Et suivant la manière dont ma main la titille
Tantôt elle ronronne, tantôt elle est furie
Un couple gigantesque nous propulse en avant
Sortis de chaque virage, plonger vers le suivant
Après je me détend, soulage le moteur
J’admire le paysage, assis tout en hauteur
Sur cette route je plane, à peine à quatre-vingt
La belle tout contre moi, ce que je me sens bien
Si toi tu as connu ce plaisir sans partage
Qui peut se déguster, même en prenant de l’âge
Tu trouveras, c’est sûr, pour y avoir goûté
Les mots de ce poème, à peine exagérés
..............................Jacques.
......L’amitié
De l’aube de l’existence jusqu'à son crépuscule
Il est une chose si belle qu’on ne peut s’en passer
Sans trouver la vie fade ou même carrément nulle
Cet oxygène du cœur s’appelle l’amitié
On peut tracer sa voie autour d’une carrière
Gonfler son compte en banque, investir dans la pierre
Doper ses connaissances, enrichir son esprit
La vie n’a guère de sens pour qui n’a pas d’amis
Ça paraît si facile, il suffit de donner
D’apprendre à écouter, de ne jamais juger
Finalement pas si simple, je n’ai pas tout compris
Mais pour votre indulgence, j’aimerais vous dire merci
..............................Jacques
....Remplir sa vie
Où nous mène le temps ? où est notre destin ?
J’espère que long et doux sera notre chemin
On peut choisir sa route, influencer sa vie
Décider aux carrefours de suivre nos envies
Mais restera toujours cette part de hasard
Qui peut tout chambouler et nous laisser hagard
Le bonheur nous inonde, il faut tout consommer
La folie ce serait de l’économiser
On peut manger « Bio », ne plus prendre sa voiture
Revendre sa moto et porter une armure
Regarder à l’abri, des émissions débiles
La vie n’est aussi belle que parce qu’elle est fragile
Que dire de tous ces gens qui ont eu peur de tout ?
Et qui finissent aigris, très vieux et à genou
« J’ai fait très attention, j’ai traversé deux guerres
Et à quatre-vingts ans, je commence Alzheimer »
Je tiens à l’existence plus que jamais avant
De bonheur j’ai si faim, bien sûr je suis prudent !
Mais au présent se goûtent les plaisirs et les joies
La liberté de vivre, d’aimer et d’être soi
Il est très important de ne rien regretter
Ce qu’on a fait ou pas, on ne peut rien changer
Remplissons notre vie, traquons le temps perdu
Mourir est bien moins grave que n’avoir pas vécu
......................................Jacques
....... Mémoire
J’ai vu un soir de juin au bout du Grand Canyon
Le soleil se coucher sur le Colorado
La vibration du vent dans ma mémoire résonne
Je retrouve l’émotion, dans ma peau les frissons
J’ai parcouru les Andes sur le marchepied d’un train
J’ai vu des paysages, trop grands pour les photos
Reçu d’une vieille indienne de quoi calmer ma faim
Ecouté une fillette me vendre sa chanson
J’ai bu à la santé de gens qui n’avaient rien
Ni le choix d’être libre, ni le droit d’être bien
Mais ces sourires sincères, et ce rhum partagé
Au fond des Caraïbes, dans mon cœur sont restés
Je me suis allongé sur un sable tellement blanc
Que ma peau sous les pieds en paraissait bronzée
J’ai partagé les vagues avec des pélicans
Puis frôlé de mes doigts vingt poissons bariolés
J’ai vu mille couleurs sur un marché flottant
Enlevé mes chaussures dans le palais d’un roi
J’ai eu quelques sueurs au dos d’un éléphant
Reçu dans un massage la magie de dix doigts
J’ai découvert une nuit un firmament si pur
Cet univers si grand, plein de vie à coup sûr
J’ai pu voir à cinq mètres dix condors me frôler
Senti vibrer l’envie de les accompagner
J’ai longé en moto, sans casques, champs et rizières
Parcouru le fleuves rouge, montagnes et Baie d’Along
Goûté poissons grillés, leur riz et puis leurs bières
Découvert en bateau l’embouchure du Mékong
J’ai même pu cette année au plus fort de l’été
Découvrir sur des routes à damner un motard
Le plaisir des virages, la convivialité
Une passion commune, des amitiés sans fard
Mais jamais, non jamais, dans mes souvenirs d’homme
Je ne peux retrouver, même en cherchant partout
Sentiment comparable au bonheur qu’elle me donne
A ce feu partagé, cet amour entre nous
........................... Jacques (Jack56)
Chacun aura bien sûr reconnu dans l’ordre
Californie, Pérou, Bolivie, Cuba, Mexique, Thaïlande, Chili, re-Pérou,
Vietnam, les Vosges, et surtout « Le cœur d’une femme amoureuse »
..........C’est mon tour (mes 50 ans, oufti, c'est déjà loin
Ce soir on fait la fête, j’ai cinquante ans demain
Mais tout au fond de moi, je suis encore gamin
Bien sûr j’ai pris de l’âge, les effets sont connus
Mais n’allons pas trop vite, reprenons au début
Je n’étais pas vraiment un enfant très très sage
Déjà, de ma maîtresse, je lorgnais le corsage
Et si certains garçons tiennent les jupes à Maman
Dés qu’on tournait les yeux, moi je foutais le camp
A l’école, rien à dire, élève plutôt doué
Pour les maths, pour les billes, surtout pour bavarder
A l’époque chaque matin : corvée poêle à charbon
Remplir les encriers et tailler les crayons
Mais le pied à dix ans, c’était après journée
Je me souviens de tout, de nos culottes trouées
Les cabanes dans les bois, les virées en vélo
Nos bêtises entre potes, mes débuts en moto
Puis cette chasse au trésor, la sexualité
Sous ces jupes légères, secrets de volupté
J’étais très motivé, il m’a fallut courir
Pour un beau soir d’hiver, le mystère éclaircir
Finalement très content de cette enfance heureuse
A découvrir la vie dans une famille nombreuse
Un quart de siècle défile, entre femme et enfants
D’un destin lumineux, je rêve bien souvent
Qui donc n’a jamais dit «J’aimerai recommencer !
Une deuxième fois ma vie, avec ce que je sais ! »
Ca semblait impossible, c’est devenu réel
Ma renaissance à moi, ma deuxième vie, Danielle !
...................................Jacques
Les MTs en Balade
Tout d’abord, tu arrives, après cette route plaisir
Au-dessus de la rampe qui descend à l’hôtel
Puis tu les vois tous là, discuter et puis rire
Ensembles ils te regardent, ont entendu ta belle
De ton casque et tes gants, une fois débarrassé
Tu rejoints tout le groupe, t’en reconnais certains
Ils arrivent de partout, tous ont fait du chemin
La chope de l’apéro, on ne l’a pas volé
Ce qu’il y a de génial aux réunions MTs
C’est qu’on discute le coup, on compare nos motos
On peut mettre un visage sur ceux qu’on a chambré
Échanger des avis et puis quelques bons mots
Et puis se balader sur ces routes magnifiques
La vue sur les montagnes, le bruit et les odeurs
Du serpent de MTs, de sa présence magique
En sorties de virages rugissent les moteurs
C’est vrai j’ai attendu deux ans pour y goûter
Le fait de rouler seul, jamais ne m’a gêné
Mais quelques fois par an, deux jours, nous réunir
De mes souvenirs MT, le sommet du plaisir
....................Jacques (Jack56)
Le rêve du petit garçon
Un tout petit garçon couché dans une prairie
L’esprit à l’infini, regarde bouger le ciel
Il aimerait, c’est certain, recevoir la magie
Le pouvoir de voler, de déployer ses ailes
Souvent il a couru sur ce pré en pente douce
En écartant les bras, de l’air sur son visage
En espérant qu’enfin, un jour, le vent le pousse
Le soulève du sol et l’amène aux nuages
Les saisons ont passé, il s’est fait une raison
Jamais il ne pourra décoller sans avion
Alors il imagine un très grand cerf volant
Qui pourrait le soulever, l’emmener au firmament
Ce cerf volant, hélas, n’a jamais fonctionné
Physiquement, c’est bien mieux, pour son intégrité
Il accroche une corde, au tilleul tout en haut
Et survole en riant et le ravin et l’eau
Il rêve seul dans son lit au programme Apollo
Il ira bien plus loin, il ira bien plus haut
Peut être sur un Mirage pourra-t-il s’envoler
Si ses yeux imparfaits ne le font déclasser
Un bout du rêve subsiste et quarante ans plus tard
Il en retrouve un peu dans ses joies de motard
Il a rejoint des filles, d’autres petits garçons
A l’autre bout du rêve, il fabrique des avions
Mais surtout, elle est là et le monde est bonheur
Il reçoit depuis lors ce qu’il y a de meilleur
Elle approche, il sourit, regarde ses yeux, sa peau
Il écarte les bras et s’envole si haut
...........................Jacques
..... Etre soi même
Depuis toutes ces années, j’en ai vu si souvent
De ces gens qui surprennent, ces humains différents
On les classe retardés, trisomiques ou autistes
De ces dix mille nuances, pas besoin d’une liste
« Ne pas être comme les autres », c’est vrai, c’est difficile
Dans un monde qui jamais n’a manqué d’imbéciles
Pas facile au début, d’admettre ses déficiences
Il faut vaincre ses peurs, adapter sa cadence
Le temps aide à bouger, à s’accepter soi-même
Pas à pas sur la route, on combat ses problèmes
Certains jours sont pourris, certains soirs sont bénis
La vie peut être dure, mais aussi symphonie
Moi qui suis un parent, je peux en témoigner
J’ai voulu pour mon fils ce qu’il y a de meilleur
Ecarter les épines, l’empêcher de tomber
Canaliser sa vie, planifier son bonheur
Mais le sel de la vie, c’est aussi le chemin
On chute, on se relève, on repart pour demain
Chacun a devant soi cette réserve de plaisirs
Tant de gens à aimer, de choses à accomplir
...........................Jacques
Un petit en plus pour mon neveu (Ciao Dany)
Dany
Une vie de vingt ans, c'est court, oui tellement !
Une vie de vingt ans, si courte, mais cependant…
Tu as connu l'enfance dans une super famille
Avec des frères, une sœur, du vent et des prairies
Tu as connu les jeux, les amis, la déconne
Et puis les p'tits bonheurs, les plaisanteries trop bonnes
Envie de rigoler ? T’étais pas le dernier
C'est vrai pour déconner, fallait pas te pousser
Tu as connu aussi, la passion en moto
Le plaisir des virages, le vent, la liberté
Puis toucher le genou, déjà avec brio
Ce cheval rouge et noir qui te faisait vibrer
Tu as eu la musique et aussi la guitare
Ambiance dans la chambre, ça pouvait durer tard
Tu as eu l'enthousiasme, d'un métier passionnant
Les regards de tendresse d'un chien plus blanc que blanc
Mais surtout dans cette vie, tu as connu l'amour
Le grand, le beau, le vrai, celui qui monte si haut
Ces moments de tendresse, plus forts de jours en jours
Ensemble, avec Céline, tous ces moments si beaux
Une vie de vingt ans, c’est court mais pas seulement !
Ca peut être grisant, magique et merveilleux
Tu as croisé nos routes pour des instants si grands
Cette vie de vingt ans, a brillé de mille feux
....................................Jacques
Les saisons
La ronde des saisons, ça commence en hiver
Il fait si froid dehors et si bon dans ses bras
Les soirées près du feu, ça ne date pas d’hier
La nature au repos, mais nos cœurs en émoi
Puis le printemps renaît, partout douceur de vivre
Clapotis des ruisseaux, gazouillis des oiseaux
Sa lumière nous réveille, ses senteurs nous enivrent
Le velouté des fleurs, la douceur de sa peau
Que dire de l’été, quand la chaleur explose
Depuis les champs de blé jusqu’au creux de nos reins
La douceur d’un baiser sur ses paupières closes
Un vent léger frôlant la naissance de ses seins
Puis quand les vents d’automne enflamment les couleurs
Et qu’entre jaune et rouge, le pourpre devient roi
Les plaisirs de la vie m’en rendent débiteur
Et s’ajoute une année d’amour pour elle et moi
.................................Jacques
.....Ce que j’ai à perdre
Ce que je pourrais perdre, ce qui est essentiel
Cette question m’est venue au réveil ce matin
Ce n’est en aucun cas, quelques biens matériels
Je n’ai cure des euros ni des draps de satin
J’ai connu cette fille, je végétais dans l’ombre
Tout au fond de mon cœur, la nuit était profonde
J’ai vu dans son regard un potentiel d’amour
Qui semblait scintiller, attendre la mise au jour
Un petit peu d’instinct, et puis beaucoup de chance
Ont fait que cette lueur a su guider mes pas
Du rythme de nos cœurs, accorder la cadence
Ensemencer nos vies d’un bourgeon délicat
Puis en fait de lueur, en m’approchant un peu
Ce que j’ai découvert, comment en croire mes yeux
Plus chanceux que l’ensemble des grands conquistadores
A plus de quarante ans, trouver un tel trésor
Tous ces torrents d’amour, ces quartiers de tendresse
Puis ces envies de vivre, ces besoins de donner
Etalés dans son cœur comme autant de richesses
D’autres étaient-ils aveugles d’en ignorer l’accès
Ces cadeaux merveilleux ont tellement d’avantages
De se multiplier, de grandir avec l’âge
Puis surtout, même à vue, impossibles à voler
Dépourvus de valeur, s’ils ne sont pas donnés
On sait bien que la mort, un jour, y mettra fin
Aussi fort soit l’amour, il subit le destin
Le pire serait, je crois, de voir de son vivant
Ce miracle sans prix érodé par le temps
Le bonheur au matin quand près d’elle je m’éveille
La chaleur, la douceur dés que je la regarde
Délices du touché, de ses yeux les merveilles
C’est une partie infime de « Ce que j’ai à perdre »
.................................Jacques (Jack)
Et donnez le plus de bonheur possible autour de vous
Vous en serez forcément tout éclaboussés
………celle là, je viens d' la faire…………………Jacquouille56






